[Construction d’un tour à perche / Pole lathe building] Partie 3 : Les poupées et les pieds

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Salut à tous !

J’ai pas mal avancé ces derniers jours puisque, même si il me reste beaucoup de détails à finir, mon tour à perche est maintenant fonctionnel ! J’ai même pu commencer à faire mes premiers essais de tournage sur bois hier. Bon c’est la première fois que je touchais à un tour à bois et même si je me suis pas mal renseigné sur le sujet, regardé des vidéos etc … je dois dire que les débuts sont un peu chaotiques. J’ai cassé la corde une bonne dizaine de fois, je me suis pris le caoutchouc qui sert de ressort (voir plus loin) au moins 3 fois dans l’oeil et les 2 pièces de bois que j’ai « tourné » ne ressemblent à rien et m’ont pris 30 min chacune. Néanmoins, je ne désespère pas du tout car je me doute bien qu’il faut pas mal de pratique. Ça reste un artisanat avec une technique très spécial je trouve, et même si je commence tout juste à prendre le « truc », je dois quand même dire que j’adore ça !
De plus, même si j’étais convaincu bien avant de le construire sur l’efficacité de cet outil, je dois dire qu’après l’avoir utilisé je n’en revient toujours pas à quel point c’est ingénieux et efficace, tout en étant si simple en même temps.

Voici le détail en image !

Les poupées

Depuis le début de la construction, j’essaie d’utiliser un maximum de matériau que j’ai déjà en stock et que j’ai moi-même récupéré. La première raison est d’utiliser des ressources locales pour limiter son impact environnementale au maximum et la deuxième est financière bien entendu ! Je précise cela car le choix du bois que j’ai fait pour les poupées n’est pas forcément le plus judicieux à mon goût, mais je n’avais que ça en stock sur le moment. En effet j’utilise du bois de pin maritime et j’ai quelques doutes sur la longévité de ce matériau sur le long terme. Mais les poupées que je réalise ici ne seront pas forcément définitives donc je ne me prends pas trop la tête.
Petit détail négatif en plus sur le pin : la sève ! Ça colle, sur les mains, sur les outils c’est très chiant.

Voici mes futures poupées ! J’utilise donc cette bûche de pin que je fend en deux. Je vais surement avoir des problèmes avec ce nœud, mais encore une fois je n’ai pas grand chose d’autre sous la main.

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Je mesure, je trace les dimensions du futur tenon qui va s’insérer dans la mortaise centrale. Deux traits de scie sur les côtés, je fends, je dégrossis à la hache et au plane de charon et je fini au ciseau à bois.

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Même chose pour la deuxième poupée. La mortaise fixe qui est à droite est un peu moins large que le morceau de pin utilisé pour la poupée donc je m’adapte.

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Je creuse une mortaise dans les deux poupées dans laquelle viendra se loger une cale afin de pouvoir serrer les poupées au corps principal et ainsi les maintenir immobiles.

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Après quelques ajustements, les deux poupées s’insèrent très bien dans la mortaise centrale.

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Le système de cale marche très bien. Une fois que ces dernières sont serrées, les deux poupées ne bougent plus.

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Toujours dans l’optique de ne pas trop acheter de matériel pour la construction, j’ai décidé de réaliser moi-même les pointes en métal pour les poupées. Il est possible d’en trouver des toutes faites sur certains sites spécialisés, surtout en Grande Bretagne ou le tour à perche est encore beaucoup utilisé. Il y a également pas mal de petits artisans qui peuvent en fabriquer, j’en ai vu certains qui en proposent (toujours en Grande Bretagne), mais ça vaut le coup aussi de demander à un artisan Français.
Sinon, la réalisation est assez simple si vous avez les bons outils. Il se trouve que je n’avais malheureusement pas l’outillage nécessaire pour le réaliser donc mon père m’a très gentiment fabriqué les pointes lui-même. Pour la fabrication donc c’est assez simple, il faut juste une meule, de quoi couper le métal, et une tige en métal bien sûr. J’ai utilisé un diamètre de 10 mm pour la tige mais je pense que 8 mm peut convenir. La longueur fait 11 cm environ mais tout dépend de la poupée bien sûr. Là pour le coup, j’ai prévu trop long pour la poupée mais encore une fois, ce ne sont probablement pas les poupées définitives.
Je n’ai pas de photos de la réalisation de la pointe mais le principe est assez simple puisqu’il s’agit de limer le bout petit à petit à la meule afin d’obtenir une pointe assez centrée. Ce n’est pas de la haute précision bien sûr et je suis sûr qu’il y a de meilleurs façons de faire mais celle-ci est probablement la plus rapide et la plus simple et ça n’empêche pas le tour à perche de bien fonctionner.

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Je détermine la hauteur ou la pointe va se situer sur la poupée. Je décide de 20 cm en hauteur ce qui laisse une marge assez confortable je trouve. Je perce un trou en laissant un fond pour que la pointe vienne se loger dedans et ne bouge plus. Je vois déjà les futures améliorations possibles tout en faisant cela. Une tige filetée sera beaucoup plus pratique et permettra de pouvoir régler l’enfoncement de la pointe dans la poupée. Très pratique pour serrer la pièce de bois à tourner car on aura plus forcément besoin de desserrer la poupée à chaque fois.

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Afin que l’axe de rotation soit le plus centré possible, je positionne les deux poupées face à face. De cette manière j’ai un guide pour faire le trou de la deuxième poupée.

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Un premier test avec une pièce de bois positionnée entre les deux pour voir comment se comporte la rotation et ça tourne très bien !

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Les pieds

Pour les pieds, je réalise un simple tenon / mortaise rond dans les quatre coins du banc. La mortaise fera 25 mm et sera située à 3 cm environ du bord du banc. A ce niveau là, je dois maintenant réfléchir à quel niveau je veux que le tour à perche soit en hauteur. Après quelques essais à différents niveaux pour voir ce qui est le plus confortable, je me décide sur une hauteur au niveau de ma taille. Reste à déterminer l’angle des pieds par rapport au banc et leur longueur.

Pour cela, je positionne un morceau de bois long et droit (un manche à balai en l’occurrence) au bout du banc pour simuler un pied, et je choisis l’angle qui me convient du banc au sol. Une fois que j’ai trouvé l’angle qui me plait, je positionne une fausse équerre en face du balai pour « enregistrer » l’angle. Je n’ai pas la mesure exacte de l’angle mais pour ceux que ça intéresse, n’hésitez pas à me demander.
Pour déterminer la hauteur approximative du pied, je place le banc à hauteur souhaitée (sur ma table de jardin), je place l’équerre et le balai, je demande à quelqu’un de tenir ce dernier en place par rapport à l’angle et je mesure tout simplement du sol jusqu’au dessus du banc. Les pieds feront donc 1m10 environ en comptant le tenon.

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Maintenant il faut percer les quatre mortaises pour les pieds. J’utilise une méthode assez approximative mais qui fonctionne quand même relativement bien, compte tenu du fait que c’est fait complètement à la main.

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J’ai eu un peu du mal à trouver les pièces de bois pour les pieds qui soient à la bonne longueur et largeur, et surtout qui soient plus ou moins similaires. Je n’avais rien en stock qui pouvait servir à ça donc j’ai fait un petit tour en forêt et j’ai finalement réussi à trouver 4 branches déjà tombées de dimensions « à peu près » similaires. Les pieds seront loin d’être esthétiques mais au moins ça fonctionnera.
Je m’attaque maintenant à réaliser les tenons sur les pieds. J’utilise un compas pour dessiner la mortaise de 25 mm qui me sert de guide sur le pied, je dégrossis à la hache et je fini au plane de charon. Un peu de finition au couteau et mes quatre pieds sont finalement prêts.

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Etant donné que chaque tenon est fait à la main, ces derniers ne s’insèrent pas forcément tous de la même façon, et surtout pas de la même profondeur dans les mortaises. Il y a donc un peu de jeu d’un pied à l’autre et un ajustement s’impose. Pour cela, je pose un niveau à bulle sur le banc, je cherche un niveau stable en bougeant de droite à gauche. Une fois que c’est fait, certains pieds ne touchent plus le sol donc je mesure l’écart entre le sol et ces pieds et je coupe ce même écart sur le pied opposé pour retrouver une stabilité. Et voila !

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Pour finir je ne peux pas m’empêcher de faire un premier test. J’ai justement de la ficelle et une vieille chambre à air de vélo qui fera office de ressort pour le mécanisme. J’accroche la chambre à air en hauteur, je m’attache la ficelle au pied et ça marche !

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C’est tout pour l’instant mais je suis super content de l’avancement du projet et surtout rassuré que ça marche aussi bien ! Le tour commence à vraiment prendre forme, même si comme je le disais plus haut, j’ai encore pas mal de détails à finir : les deux montants latéraux pour le système de ressort, un porte outil, une pédale et sûrement d’autres petits détails auxquels je n’ai pas encore pensé.

La suite très prochainement !

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