[Construction d’un tour à perche / Pole lathe building] Intro + Partie 1 : Préparation du corps principal

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Pour ceux qui ne connaissent pas

Tout d’abord, un tour à perche c’est quoi ? En fait le tour à perche (ou « Pole lathe » en Anglais) est tout simplement un tour à bois manuel. Ce dernier ne nécessite aucun moteur ou électricité pour fonctionner puisque tout se fait grâce à l’énergie humaine, à la main, ou plutôt au pied dans ce cas précis ! En effet, le principe est aussi simple qu’efficace puisque outre l’aspect et la structure assez similaire avec un tour à bois conventionnel électrique, la grosse différence réside dans le fait qu’au lieu d’être actionnée par un moteur, la rotation de la pièce de bois va se faire à la puissance du pied.
Une corde est attachée à une perche (ou un bandeau de caoutchouc) élastique qui va faire un effet « ressort ». Cette même corde est enroulée autour de la pièce de bois à tourner pour enfin finir attachée à une pédale qui sera actionnée par le pied. En poussant la pédale, la corde est tirée vers le bas, la pièce de bois tourne sur elle-même ; en relâchant la pédale, la perche fait un effet ressort et revient à sa position initiale, la pièce de bois tourne dans le sens inverse. En répétant cette action encore et encore, on obtient une pièce de bois qui peut être taillée et sculptée en la tournant.

Les origines du tour à perche se perdent un peu dans l’antiquité, néanmoins on sait de source sûre que cet outil serait apparu au moins un peu avant le 13ème siècle, en rapport avec des illustrations de cette époque représentant des tourneurs à bois. L’utilisation de cet outil a commencé à disparaître avec la fin de la seconde guerre mondiale en Grande Bretagne.

Pourquoi construire un tour à perche ?

Cela fait quelques temps déjà que j’ai envie de me mettre au tournage sur bois. J’aime beaucoup la liberté et les nombreuses possibilités de réalisations liées à cet artisanat. En plus de ma fascination pour l’artisanat du bois vert et les outils traditionnels, il était impossible pour moi de ne pas me fabriquer un tel outil !
Du coup, j’ai regardé beaucoup de vidéos sur le net, étudié quelques plans, fait mon choix de design pour l’aspect général et les fonctionnalités de mon futur tour à perche, réalisé quelques croquis et j’étais enfin prêt à m’y mettre ! Le problème restait que je manquais de temps et surtout que j’attendais de récupérer une pièce de bois assez volumineuse pour le corps principal du tour. Et justement j’ai récupéré il y a quelques semaines une pièce de bouleau qui fait environ 1m de longueur pour 25cm de diamètre donc je me décide enfin à commencer la construction ! Je vais essayer de documenter un maximum le processus de fabrication, mes impressions ainsi que les problèmes rencontrés pour les gens qui souhaitent construire eux-même cet outil formidable.

Pour finir, pourquoi construire un tour à perche au lieu d’acheter tout simplement un tour à bois électrique ? Tout d’abord, même si on trouve des tours à bois très bon marché de nos jours (entre 100 et 300 euros pour un entré de gamme), je ne peux malheureusement pas me permettre financièrement de faire un tel achat en ce moment. Enfin, et le plus important, étant très intéressé par les outils traditionnels à main de l’artisanat du bois en général et soucieux de mon empreinte écologique quand je travail le bois, cet outil me parait donc en parfaite adéquation avec mes convictions. En plus, je préfère de loin essayer de fabriquer mes propres outils plutôt que d’aller les acheter, quand c’est faisable bien entendu.

Partie 1 : Préparation du corps principal

Le « gros oeuvre » commence avec la préparation du corps principal du tour à perche. Je dois fendre un rondin de bouleau d’1 m de long pour 25 cm de diamètre environ. C’est la première fois que j’en fait un aussi gros et même si je sais comment faire en théorie, la pratique n’a pas été aussi évidente que ce à quoi je m’attendais. Le problème principal était que je manquais cruellement de « coin à fendre » en métal. Mais j’en ai improvisé en bois et dans l’ensemble ça s’est bien passé.

Voici le rondin en question et les outils utilisés pour le fendre en deux, en plus des deux « coin à fendre » en bois que j’ai réalisé pour l’occasion. Il est loin d’être parfait, avec un gros nœud en plein milieu et un diamètre qui varie pas mal d’un côté à l’autre mais c’est le mieux que j’ai trouvé qui soit assez long.

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Un gros plan sur les outils utilisés. En haut de gauche à droite, le départoir ou fendoir (« froe » en anglais), mon maillet fait à la main en bois de cerisier et en bas les deux haches pour fendre.

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Je commence par un bon coup de départoir afin de me faire un repère avec une ligne bien droite là ou je veux fendre le rondin.

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Ensuite je commence a attaquer à la hache aussi bien d’un côté comme de l’autre afin élargir au maximum le début du rondin.

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On finit en insérant les coins à fendre au début du rondin en frappant régulièrement dessus, tout en travaillant sur les côtés à la hache (ou autre coin à fendre) en suivant petit à petit la ligne du bois qui se fend.

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Un peu de départoir à la fin pour casser les fibres un peu rebelles et le tour est joué !

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La pièce qui va être utilisée (à gauche sur l’image) n’est pas ce qu’on pourrait appeler « droite » mais on va essayer de travailler tout ça.

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Pas mal de travail à la hache !

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Et un peu de travail au rabot à main afin d’aplanir le tout et d’avoir un rendu plus joli et on obtient finalement une surface (relativement) droite. En tout cas ça fera l’affaire pour le tour à perche.

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Voila pour la première partie ! Je vais probablement retravailler encore un peu la surface à la hache et au rabot pour la rendre encore plus droite sinon dans la prochaine partie je m’attaquerai à creuser la mortaise centrale qui va accueillir les deux poupées qui viennent maintenir la pièce de bois.

 

 

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